Roland Garros en septembre, l’annulation du traditionnel Salon de l’Agriculture, le Black Friday repoussé en plein milieu de la semaine… “Si ça continue l’année prochaine je skie en juillet”.  

Malgré ce manque flagrant de respect à l’égard des grands rendez-vous de l’année, la bonne nouvelle de la semaine c’est bien sûr qu’une majorité de commerces pourront rouvrir dès le 28 novembre. Nous attendions cette allocution au moins autant que les résultats de notre 4ème test PCR. Après d’intenses négociations et le report de l’opération, le président Macron a autorisé quelques 200 000 magasins à rouvrir, selon un protocole plus strict. Yohann Petiot, DG de l’Alliance du commerce, se dit « très heureux que les magasins puissent rouvrir », mais espère « que les clients seront là. C’est une véritable inconnue ». 

En effet, notre quotidien a changé donc nos habitudes ont changé. Accès aux applications depuis le domicile, montée en puissance de la visioconférence, du collaboratif… Nos amis sont nos voisins, nos boulangers, nos confidents et le facteur, une fenêtre sur le monde. Pour les entreprises d’aujourd’hui, la pierre angulaire du commerce tient dans une pratique : l’omnicanal. Selon une enquête*, 40 à 65% des consommateurs US ont l’intention de continuer à utiliser des services sans contact (achat en ligne, ramassage en magasin ou en bordure de rue), même après la crise. 

Mais alors qui va ressortir gagnant de cette course aux cadeaux en pleine pandémie mondiale ? Les libraires (lol) ? Amazon (surement) ? Les commerçants autorisés à ouvrir vendredi ? … Les gens veulent acheter mais sans enrichir les grosses enseignes, les bobos font leurs achats sur Vinted et Cdiscount donne gratuitement de la visibilité aux plus petits e-commerçants… J’essaie de trouver des pistes de réflexion, une logique, des éléments de réponses mais… Depuis que j’ai acheté un livre sur Amazon, j’ai perdu le sommeil et mon éthique.

Alors je terminerai avec une initiative née en Picardie et, depuis, étendue sur l’ensemble des territoires français, belge et italien : le mouvement émergeant « artisans à poil ». L’objectif : prouver la solidarité entre artisans et commerçants jugés « non essentiels » par le gouvernement, et dénoncer l’incohérence de la fermeture de ces petites entreprises face aux géants restés ouverts au public. A bon entendeur, salut !

Pour aller un peu plus loin…

* Enquête COVID-19 de McKinsey sur les habitudes de consommation des américains